En bref
Dust et Mnemetic sont deux produits européens d'IA d'entreprise, et la comparaison mérite d'être technique plutôt que caricaturale. Dust vend un siège avec ses crédits : 30 par siège et par mois pour un siège Pro, 24 en facturation annuelle, 8 000 crédits attachés à ce siège, plus un siège Free à 0 et un siège Max à 150 (tarifs relevés le 7 août 2026). Mnemetic vend un plan qui inclut des sièges et une réserve de crédits partagée par toute l'organisation, de 89 € à 1 649 € par mois. Sur le montant mensuel, Dust est moins cher à tous les effectifs comparés ici. La ligne de partage est ailleurs : chez Dust, les journaux d'audit, le SCIM et les conditions contractuelles sur mesure vivent dans l'offre Enterprise, vendue sur devis ; chez Mnemetic, la gouvernance est identique sur toutes les offres, y compris à 89 €.Deux produits proches, deux paris différents
Dust est une plateforme d'agents IA, cofondée par Gabriel Hubert et Stanislas Polu. Sa promesse est la création d'agents personnalisés branchés sur les données de l'entreprise, avec un très large catalogue de modèles : la page tarifaire annonce « 20+ frontier models (GPT, Claude, Gemini, Mistral, DeepSeek) » et l'entrée multimodale. C'est un produit sérieux, avec une vraie communauté d'utilisateurs, et l'approche par agents séduit parce qu'elle laisse une grande liberté de composition.
Mnemetic parie sur l'inverse de la liberté : la méthode déclarée. Le produit est constitué de cinq briques réutilisables, Workspace, Bibliothèque, Mémoire, Playbooks et Brain. Un playbook porte une méthode avec ses étapes, son contexte, ses outils autorisés, son budget et ses points de relecture humaine. La mémoire conserve les corrections sous forme de règles réutilisables, réinjectées au début de chaque exécution suivante. Chaque exécution est journalisée étape par étape.
Un agent est un exécutant à qui l'on fait confiance. Un playbook est une procédure que l'on peut lire avant de la lancer et relire après. Les deux approches sont défendables, elles ne visent simplement pas le même acheteur.
Les tarifs Dust relevés le 7 août 2026
Le relevé provient de la page tarifaire officielle de Dust. Une précision de méthode s'impose sur la devise : le code de cette page montre que le symbole affiché dépend du pays du visiteur, sans conversion du montant. Un lecteur en France voit 30 €, un lecteur aux États-Unis voit 30 $. Le traitement de la TVA n'est pas précisé sur la page.
| Ligne Dust | Tarif relevé |
|---|---|
| Siège Free (offre Business) | 0, avec 500 crédits à vie |
| Siège Pro (offre Business) | 30 par siège et par mois, 24 en facturation annuelle, 8 000 crédits par siège et par mois |
| Siège Max (offre Business) | 150 par siège et par mois, 120 en facturation annuelle, 40 000 crédits par siège et par mois |
| Offre Enterprise | non publié, vendu sur devis |
| Usage programmatique (offre Business) | 0,01 par crédit |
L'offre Business est présentée pour « les équipes jusqu'à 100 personnes ». Les crédits ne se reportent pas d'un mois sur l'autre : l'allocation de chaque siège est remise à zéro à chaque période de facturation. En cas d'épuisement, la documentation indique que les utilisateurs Pro et Max peuvent poursuivre via un dépassement au niveau du workspace, s'il est activé par un administrateur et dans la limite d'un plafond.
Côté Mnemetic, la grille publique en euros par mois, hors remise annuelle : Duo 89 € (2 sièges inclus, plafond 4, 350 crédits, 1 teamspace, 2 Go indexés, 2 connecteurs, 1 exécution simultanée), Team 249 € (5 sièges, plafond 10, 1 200 crédits, 3 teamspaces, 10 Go, 5 connecteurs, 2 exécutions simultanées), Business 779 € (15 sièges, plafond 30, 4 000 crédits, 10 teamspaces, 25 Go, 15 connecteurs, 5 exécutions simultanées, accompagnement 1 200 €), Scale 1 649 € (30 sièges, plafond 60, 9 000 crédits, 25 teamspaces, 60 Go, connecteurs illimités, 10 exécutions simultanées, SSO SAML, accompagnement 2 500 €), Enterprise à partir de 45 000 € par an. Le siège supplémentaire est à 29 € sur tous les plans. La facturation annuelle prélève dix mensualités, soit deux mois offerts.
Le coût à 5, 15 et 30 personnes
Hypothèse retenue pour Dust : toutes les personnes équipées d'un siège Pro, ce qui est la configuration standard. Hypothèse retenue pour Mnemetic : le plan le moins cher qui couvre l'effectif, sièges supplémentaires compris.
| Effectif | Dust Pro, mensuel | Dust Pro, annuel | Mnemetic, mensuel | Mnemetic, annuel (équivalent mensuel) |
|---|---|---|---|---|
| 5 personnes | 150 | 120 | 249 € (Team) | 207,50 € |
| 15 personnes | 450 | 360 | 779 € (Business) | 649,17 € |
| 30 personnes | 900 | 720 | 1 214 € (Business + 15 sièges) | 1 011,67 € |
Le constat doit être dit sans détour : à effectif égal et sièges Pro pour tout le monde, Dust est moins cher que Mnemetic dans les trois cas. L'écart se resserre en facturation annuelle, il ne s'inverse pas.
Deux nuances honnêtes viennent immédiatement après. D'abord, le siège Free change beaucoup la comparaison réelle : une équipe de quinze personnes dont six seulement utilisent l'outil sérieusement coûte 180 par mois chez Dust, pas 450. Aucune grille à plan et capacité incluse ne sait faire cela, et c'est un avantage authentique du modèle par siège. Ensuite, dans l'autre sens, un utilisateur intensif qui a besoin d'un siège Max passe à 150 par mois : trois profils intensifs dans une équipe de quinze portent la facture à 810 par mois.
À 30 personnes chez Mnemetic, la configuration la moins chère n'est pas Scale mais Business plus quinze sièges à 29 €, le plafond de sièges de Business étant de trente. Elle coûte 1 214 € contre 1 649 €, avec moins de crédits (4 000 contre 9 000), moins de stockage indexé (25 Go contre 60) et sans SSO SAML.
Crédits attachés au siège contre réserve partagée
C'est la différence de conception la plus structurante, et elle mérite mieux qu'un slogan.
Chez Dust, les crédits appartiennent au siège. Un siège Pro dispose de 8 000 crédits par mois qui ne sont ni reportables ni transférables, sauf dans l'offre Enterprise qui mutualise les crédits à l'échelle du workspace. L'avantage est la prévisibilité : chaque personne connaît son enveloppe, et la facture est une multiplication. L'inconvénient est le gaspillage asymétrique : les crédits inutilisés d'un collègue occasionnel ne servent jamais à celui qui bute sur son plafond.
Chez Mnemetic, la réserve mensuelle est attachée à l'organisation et partagée par le chat, les exécutions de playbooks et l'ingestion de sources. La capacité se déplace donc naturellement là où le travail se fait. Le prix de cette souplesse est qu'un plan annonce un menu et non une promesse : 4 000 crédits, c'est jusqu'à quatorze contrats analysés, ou cent quatre vingt dix publications, ou trente neuf contrats courts, ou un mélange, mais jamais l'addition de tout cela. Au delà, le dépassement est à 0,12 € le crédit, plafonné à un montant que le client fixe lui même et qui vaut par défaut la moitié du prix du plan.
Un point commun à signaler, par honnêteté : ni Dust ni Mnemetic ne publie de tarif par message. La documentation Dust décrit une formule, crédits de jetons plus crédits d'action, avec des paliers d'action à 0, 1 ou 3 crédits selon la catégorie d'outil, sans table de correspondance par modèle. Aucun des deux produits ne permet donc de calculer sa facture à l'avance sans mesurer son propre usage.
Ce que contient l'offre d'entrée, chez l'un et chez l'autre
C'est ici que la comparaison devient réellement décisive, et elle se lit dans le tableau publié par Dust lui même.
Dans l'offre Business de Dust, telle que relevée le 7 août 2026 : les connecteurs sont limités à trois sources de données, les serveurs MCP distants à cinq, les espaces de segmentation à cinq, le SSO est disponible « à partir de 5 sièges, sur demande », le support est par courriel, et l'API développeur se limite à l'API de conversation. Le provisionnement SCIM, les journaux d'audit et contrôles de sécurité avancés, le déploiement mono locataire, les conditions contractuelles sur mesure (MSA, DPA), les analyses d'usage et d'adoption figurent tous dans la colonne Enterprise, dont le prix n'est pas publié.
Chez Mnemetic, la gouvernance est identique sur toutes les offres, ce n'est pas un palier : workspaces cloisonnés, journal d'audit lisible, secrets chiffrés, HTTPS en transit, stockage cloisonné par organisation, hébergement dans l'Union européenne, aucun entraînement de modèle sur les données client, export et suppression à tout moment. Ce qui varie d'une offre à l'autre, c'est la capacité, parce que la capacité coûte réellement quelque chose. Concrètement, une structure de deux personnes à 89 € par mois dispose du même journal d'audit qu'un département à 1 649 €.
Le seul palier de gouvernance chez nous est le SSO SAML, qui apparaît à partir de Scale. Chez Dust, le SSO est accessible dès l'offre Business à partir de cinq sièges sur demande, ce qui est un avantage pour une petite équipe qui en a besoin tôt.
Souveraineté et traitement des données
Les deux produits tiennent un discours solide, et il faut refuser la caricature du concurrent « moins européen ».
Dust annonce la conformité RGPD, la certification SOC 2 Type II, le chiffrement AES 256 au repos et TLS en transit, l'hébergement régional « au choix dans l'UE ou aux États-Unis », l'absence d'entraînement de modèle sur les données client et l'absence de rétention chez les fournisseurs de modèles.
Mnemetic héberge sa plateforme de production dans l'Union européenne, sans option américaine, et l'éditeur est une société française, Quaintyx SAS, sous le nom commercial Mnemetic. Aucune donnée client ne sert à entraîner un modèle. Sur le chiffrement, notre position publiée est plus précise et moins flatteuse que celle du marché : les clés de fournisseurs, jetons OAuth et identifiants de connecteurs sont chiffrés en base, mais le contenu des documents et des conversations n'est pas chiffré au niveau applicatif aujourd'hui. Nous l'écrivons plutôt que de laisser le supposer, et un lecteur attentif notera que Dust annonce, lui, un chiffrement au repos.
Quand Dust est le bon choix
Trois situations où Dust est objectivement le meilleur achat.
L'usage est très inégal dans l'équipe. Le siège Free à 0 et la possibilité de mélanger Free, Pro et Max permettent de payer exactement les utilisateurs actifs, ce que Mnemetic ne sait pas faire puisque tous les sièges supplémentaires coûtent le même prix.
Le besoin est conversationnel et exploratoire. Si l'équipe veut construire des agents, essayer beaucoup de modèles, brancher des serveurs MCP et itérer vite, la liberté de Dust est une qualité, pas un défaut.
Le budget prime sur la formalisation. À quinze personnes, 360 par mois en facturation annuelle contre 649 € chez nous, l'écart est réel et il doit peser dans la décision.
Ce que Mnemetic ne fait pas
Mnemetic n'est pas un remplaçant d'assistant conversationnel généraliste. Il n'y a pas de siège gratuit, pas d'offre gratuite du tout : l'essai dure 14 jours sur l'offre de votre choix, carte requise, sans engagement. Les connecteurs réellement disponibles sont Google Drive, SharePoint, Microsoft Teams, Slack, Notion et Gmail, pas davantage, là où Dust annonce plus de vingt sources et un écosystème MCP. Le SSO SAML n'arrive qu'à partir de Scale. Et la capacité incluse dans un plan est une limite réelle : une équipe qui exécute beaucoup passera en dépassement.
Comment trancher
Si votre problème est d'équiper des individus au meilleur coût unitaire, avec un usage inégal et une forte envie d'expérimentation, la structure par siège de Dust est plus adaptée, et son offre d'entrée est moins chère.
Si votre problème est de faire tourner une méthode, la même, d'un collaborateur à l'autre, avec une trace lisible de chaque étape et une gouvernance qui ne dépend pas du montant que vous dépensez, la grille Mnemetic répond à cette question là. Le test décisif est simple : demandez, pour chaque candidat, ce que contient l'offre la moins chère en matière de journal d'audit et de cloisonnement, puis ce qu'il faut payer pour l'obtenir. La réponse à cette seule question sépare les deux produits plus nettement que n'importe quel écart de prix mensuel.